La Voyageuse immortelle
Récit. 160 p. 16 /21,5.
2001. ISBN 2.86853.337.X
— 18,50 Euros
Le piéton de Nantes.

Le texte de La Voyageuse immortelle n’a jamais été publié dans sa totalité et son intégrité. Nous en donnons, Georges Monti et moi-même, une version complète et définitive. On retrouvera dans le livre les silhouettes de Jean Vigo et de L’Atalante, celles de Jacques Rivette et de Paris nous appartient, celles de Jules Grandjouan et de Gherasim Luca. On reconnaîtra le personnage de Don Juan, avec des citations de Joseph Delteil et d’Azorín. Quelle est donc cette Voyageuse mythique que l’auteur poursuit de page en page ? C’est peut-être La Gradiva de Vilhem Jensen, analysée par Freud; Jenny La Fiancée du Pirate, de Bertolt Brecht; ou bien encore Cordelia, la seule fille aimante du roi Lear. Mais plus précisément, pour l’écrivain, c’est la Ville de Nantes elle-même, au bord de l’estuaire de la Loire, et cette figure, dans les nuages parfois, au-dessus de la falaise de schistes, qui paraît dans la brume du soir.»

«
Quelle est donc cette Ville serrée contre un fleuve, ainsi prisonnière d’un enchevêtrement de canaux, de routes et de rivières. De l’avoir tant regardée, l’inquiétude aujourd’hui me prend de ne pas assez la connaître. Et pourtant. On la dit capitale de la Bretagne, mais ce titre lui a été souvent contesté. C’est le sujet d’une polémique sans fin, et il faut bien le dire sans objet. Car la Bretagne vient mourir ici, comme tant d’autres choses, avec cette butte Sainte-Anne qui domine le port en aval. L’Armorique individualiste et folklorique, rêveuse et romantique, hospitalière et sauvage vient s’achever ici. Comme la lumière bleutée de l’Anjou qui disparaît un peu en amont de la Loire. Comme les armées vendéennes venues s’écraser contre les quartiers de la place Viarme. Comme les navires de haute mer qui remontent l’estuaire pour s’arrêter dans les eaux profondes, et les nuées qui tourbillonnent furieusement.»