Carnets de ronde
Carnets. 112 p. 14 /19.
2004. ISBN 2.86853.399.X
— 13,00 Euros
Notre monde quotidien (vu des « parties du globe les plus ennuyeuses et les plus grises », comme dit Ivar Lo-Johansson, ce qui dans le monde nous échappe sans cesse est là, soudain rendu à une intense présence par le regard tour à tour tendre et caustique de Gilles Ortlieb. Rien que de l'ordinaire en somme, mais éclairé, enluminé par le style perçant de ce grand noteur qui publie son septième livre à nos éditions.

 


« La “ tectonique des plaques ” dans l'assourdissant passage à soufflets qui permet d'accéder au wagon suivant en remontant la rame. S'imprégner de la sensation, aussi mouvante qu'elle est brève, car ces trains seront bientôt d'autrefois. Et retrouver, une fois assis, les portées de la captivité mentale : à dix pas de l'autre côté de la vitre, le défilement cadencé des fils électriques entre les poteaux lorsqu'ils s'affaissent vers le milieu, s'élèvent à nouveau, vont peut-être s'échapper, ne s'échappent pas, jamais, rattrapés de justesse par le poteau suivant qui les fait plonger à nouveau, les condamnant (et nous avec) à une oscillation perpétuelle et magnétique.»