Rome ou le firmament
Essai. 96 p. 14 /19.
2006. ISBN 2.86853.458.9
— 15,00 Euros
«
L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l’obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l’au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d’incendie, de fables et d’artifices ; cité du théâtre et de l’illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese… Et l’érudition est voilée comme chez Nerval, c’est une érudition qui joue, invente jusqu’au délire, tire des feux d’artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s’éteindre dans la mélancolie. » (Pietro Citati)



« À l’aide de citations et de réminiscences, mais sans étalage désordonné ni volonté de synthèse, Borromini donne une forme à notre mémoire. Et devant ses ombres, ses circonvolutions, combien de visiteurs innocents ne penseraient même pas au baroque, tant on est loin des stéréotypes. Le baroque est ici orgueilleux et distant, triomphant et menacé. C’est un défi et un calcul, une passion et une froideur : un « raisonné dérèglement », déjà… Borromini reprend mais déforme ( « Je n’aurais jamais choisi cette profession dans le seul but d’être copiste »), fait éprouver à tout ce qu’il touche les limites de la résistance, mais autant que les architraves, les corniches, les cimaises, les frises et les larmiers, c’est son propre corps qu’il pétrit avec une volupté masochiste. Ses formes ont l’air d’être « cuites au four », faisait remarquer Jakob Burckhardt ; mais c’est dans son âme sombre, qu’éclaire parfois la lumière de Rome,qu’elles sont d’abord travaillées.
Car Borromini, autant qu’on puisse l’imaginer aujourd’hui, fut un personnage sévère, chaste, mélancolique et coléreux, sans illusion sur son destin d’homme. »