L’apprentissage de la ville
Roman. 368 p. 15 /22.
1995. ISBN 2.86853.238.1
— 25,00 Euros
Présentation et notes de Frédéric Richaud.
L'Apprentissage de la ville reprend en 1942 la confession entamée sept ans plus tôt avec Le bonheur des tristes. Ce deuxième « roman » que Dietrich mit au service de l'intransigeante et éclatante quête de soi devait également témoigner de l'aveuglement et de la veulerie de la société chavirée de l'entre-deux-guerres, incapable de s'éveiller et de regarder dans son propre tumulte. L'auteur y est, écrira Jacques Maudale le « témoin incorruptible de sa propre corruption, de la nôtre et de celle du siècle ».



« Si je suis comme une pierre qui tombe, j'ai aussi la certitude de la pierre.
Je m'enfonce dans tous mes actes sans qu'il y ait place pour la fatigue et pour le doute.
Je veux, et mes forces me suivent.
Il me paraissait juste de travailler la nuit, moins de dormir le jour.
Assez dormi. Les grandes vacances ont duré trop longtemps.
Le jour, je portais maintenant des paquets à bicyclette pour un libraire à raison de cinq francs par course.
Tandis que je poussais la machine, les yeux fixés sur les rayons de la roue, par les longues avenues où il se passe rien, je ne rêvais pas, je n'espérais pas : je voulais.
Je roulais, je roulais vers le but. »