« S'il n'est pas d'autre lieu où reposer que le poème, il en est un pourtant qui ne s'oublie pas : Saint-Vallerin....
C'était en voyage avec la calèche,
quand on arrivait chez le maréchal
Ouverte aux liserons, Saint-Martin-de-Laives,
sue la colline immensifiée par l'enfance
Ce dernier vers, alexandrin de onze syllabes, comme coupé trop tôt, et qui semble ainsi ne pas finir pas davantage que l'enfance... À moins qu'il ne témoigne d'un refus volontaire du poétique, au profit du ton primordial, et plus archaïque aussi, de la confession. Vers au centre duquel culmine, avec une incontestable majesté, l'adjectif immen-si-fiée, qui laisse ô combien entendre le parler-long d'André Frénaud, et que l'on ne peut prononcer, tant ses quatre syllabes et le redoublement du m initial nous y entraînent, autrement que comme un enfant : ouvrant grands, conjointement, yeux et bouche. Mais la réussite effective de ce vers, au-delà du bonheur de diction évoqué, est de nous rappeler, s'il en était besoin, combien Frénaud, jamais dupe, souhaitait ne jamais se couper du réel; ne s'en laissant pas conter, comme on dit. Ni par l'enfance qui grandit tant de choses et donne à la voix qui l'évoque après coup, outre une charge de nostalgie commune, un accent passéiste , ni par le poème.
.»