Graminées
Poèmes. 64 p. 14 /19.
2007. ISBN. 978.2.86853.488.0
— 12,00 Euros
Ces poèmes s’imposèrent à moi plus que je ne les choisis, obéissant à un émerveillement intérieur qui mêlait et l’air et la terre, dont je ne pris conscience que plus tard. Rien de prémédité, donc, rien de décidé. C’est comme si la voix des herbes s’était à mon insu substituée à la mienne, ou plutôt comme si le monde se muait en une vaste prairie, au cœur de laquelle s’instaurait, répondant à un mouvement infime mais permanent, une conversation qui, prenant les herbes comme sujet, cherchait à même la terre, en leur être propre, la réponse à une question dont les termes m’échappaient. Cela restera pour moi une énigme. Qu’ont signifié ces herbes au cœur de mon attente, qu’avaient-elles à me dire ? Tantôt droites tantôt ployées, elles se tenaient là, messagères d’un temps pris sur le temps, lequel pouvait bien s’arrêter. C’est alors que je me retrouvai seul avec elles, un peu herbe moi-même.



« Mais peut-être j’ai rêvé, on ne mesure avec vous
jamais ce que dure le temps — l’argent
un peu vif au vent des boucles...
Je tends la main ne sachant herbe tremblante
lequel de vos prénoms est le bon, Brize ou Amourette
et que je porterai les jours de vent
quand la laine au dos des agnelles à l’abri de la haie frémit.
Je demande peu au ciel — hormis un peu de bleu,
qu’il souffle encore le vent ! Si doux
qu’on croit des yeux toucher la comète, être dans son sillage »