« Tous les Merveilleux ne sont pas du même ordre. Les quelques-uns dont je me fais le témoin sont miens. Ils sont miens par l'il et le corps. Ils m'envahissent certains jours et me comblent. Je les poursuis comme des reflets dont je ne pourrais me passer. On peut aisément se vacciner contre de tels effets. Mais à quoi bon ? La vie n'est belle que d'impondérables. Je crois faire partie des malades impétinents, des rêveurs chroniques. J'espère ne jamais guérir, me souhaite toutes les rechutes.
Tout est possible en ce pays du Merveilleux. Toutes les pages lues sont à nous, tous les lieux, les gens, les souvenirs. tout nous appartient. Tout est à la mesure de notre curiosité, de notre voracité (à chacun selon sa faim, tant pis pour les grignoteurs). Aucune frontière ne nous sépare alors de nous-mêmes. Ailleurs est un pays d'unité. Il n'existe que quelques ponts : rêverie, marche, drogue, musique ou mots. Mais il n'y a pas d'école, pas de codes d'entrée. C'est comme l'amour et les belles journées d'été. Offertes. »