Le Lièvre de Mars
Une chronique amoureuse. 112 p. 12 /19.
1994. ISBN. 2.86853.192.X
— 12,00 Euros
« J'aime le risque de ce livre court et pudique, loin de toute psychologie. J'y ai cherché une parole écrite un peu à l'écart de ce que la vie impose. Je l'ai laissée se développer comme un jeu de patience. Une simple chronique qui serait sans l'avouer un long poème, et dirait la respiration qu'il y a à vivre à deux, l'étrange ellipse décidée par les mots, une suite d'instants rattrapés.

Et puisqu’aimer c’est parler, voici au fil des pages le portrait d’une femme dessiné à la craie, la marelle blanche et noire d’un homme de quarante ans, les gestes de leur durée. »

 



« Parler doit rendre à l'être sa légèreté. Parler porte à son point d'incandescence le désir de faire durer le temps. On parle pour s'approcher, mais aussi pour se déployer. Parler est une architecture mouvante, une Venise d'accords à naître, un dédale où se perdre, puis se retrouver. On ne part de rien avec quelqu'un d'inconnu. Tout fait signe. On sait confusément qu'on a une histoire commune à faire passer, libre des passions mortes et des conflits. L'autre nous porte au-delà de nous-mêmes, nous expatrie, et c'est si bon de faire semblant de perdre pied. Il y a là une sorte de terre-plein que la vigueur habite et déguise en tremplin. L'autre use de ce moteur tout neuf dont il vous pare, vous vous alléger de vous-mêmes, plutôt qu'il ne vous pousse des ailes. Vous allez voler, puisqu'un homme découvert en vaut deux. »