
«Aux commencements de Gérard Titus-Carmel la grande expérience qu'ont partagée quelques-uns des meilleurs esprits du XXème siècle : sentiment de n'être plus, dans l'espace du langage, que les visiteurs désemparés d'une maison désertée, dont les meubles paraissent vides et les images privées de sens, dont les portes béantes donnent sur le vent et la nuit. Y a-t-il eu là, autrefois, un hôte ? En tout cas on ne doute plus qu'il soit vain d'en espérer le retour. (...)
Ces considérations, parce que je crois qu'au moment où il le fallait dans notre époque en état de crise Gérard Titus-Carmel, dessinateur et peintre, mais aussi poète, a vécu, très intensément, cette situation du vertige, en a éprouvé la solitude fondamentale, avec de surcroît la douleur en lui d'une blessure destinée au moins pour longtemps à demeurer vive. Il a été, il demeure un témoin du négatif . Et comme, pour ma part, je ne suis pas passé loin des lieux qu'il a visités, j'ai évidemment grande sympathie pour ce témoignage, au moment même où il me paraît, je le suggérerai pour finir, que cet esprit extraordinairement perceptif et lucide en élargit la visée, cherchant les fondations d'une poésie nouvelle.»