Flanc de la servitude
Poèmes. Dessins originaux d’Alexandre Hollan. 80 p. 14 /19.
1995. ISBN 2.86853.231.4
10,00 Euros
« Un vocabulaire dans la tradition des fêtes médiévales (fêtes du Fou, de l’Âne) et de Villon, où tous les niveaux de la langue se retrouvent, du vulgaire au savant, et restent parfaitement clairs. Humour, pitié et virulence… » (M.-C. Bancquart).




«J'étais dans le désordre des nations
et tout voulait changer.
À la périphérie de soi veille le savoureux echec,
où mon ombre mijote dans le désir de n'y pas croire.
C'était lâcher la vie que d'y être — capituler.
Partout nous avions passé,
agaçant l'envie et plantant des frontières.
Tout à redécouper.

Sur le point de trancher ma langue
— syntaxe, boiterie du mètre —,
je flanchais.
Un rien de sang filtrait sous les tropes,
les auxiliaires voulaient ouvrir des comptes en banque,
Richelet, Littré, Grevisse
pourissaient sans odeur.
Larousse déclinait en retraite (au pays poyaudin).
Alors j'ai pris le train.»