«Un évènement dans la vie c'est une maison avec trois portes séparées mourir, aimer, naître. On ne peut y entrer qu'en franchissant les trois portes simultanément, dans le même temps. C'est impossible et cela arrive.
Le mot amour est comme le mot Dieu : ce n'est pas pour nommer quelque chose que je les utilise. C'est pour protéger un temps ce que je ne sais pas nommer, pour l'envelopper d'un silence, pour mettre entre cette chose et toute intelligence convenue un espace infranchissable, afin que ce qui vient sous ces noms là continue à vivre, à prendre force et plénitude.
Le soleil fait appel en moi au courage. Le beau temps est un temps qui me dit : voilà, tout est bleu et limpide, j'ai fait mon travail, à toi de jouer. La pluie, à l'inverse, me délivre de tout projet, elle me dit : il te suffit d'être là et de me contempler, je m'occupe du reste, je danse, je pleure, je brille et j'écris à ta place.
Proust a écrit des milliers de pages pour apprivoiser un sommeil qui se refusait à lui enfant, lorsque sa mère n'entrait pas dans la chambre pour l'embrasser. Sur un plateau de la balance, un seul baiser manquant. Sur l'autre plateau, des nuits blanchies à l'encre, tous les écrits du monde. Il est évident que le premier plateau est plus lourd que le second. La littérature insomniaque ne consolera jamais de l'absence d'un amour donnant à notre visage lumière de repos.»