« La littérature est une amitié, elle aide toute personne qui y consent à vivre la vie la meilleure, elle aide à être sauvé.., il ne doit pas être impossible de distinguer convenablement les livres "signés avec le sang" de ceux "écrits par des fourbes pour avoir de l'avancement", les livres rédigés pour l'or, signés avec le sang du cochon qui sert à fixer l'or.., une des raisons de l'interdire... Les bons livres sont des "évènements", ils vous changent en bien, vous restituent à vous-même, avertissent que la communauté existe, appellent à la communauté, ecclesia.., ils diminuent l'étrangeté à soi, mesurent au plas juste l'écart obligatoire de soi à soi, qui ne peut être aboli puisqu'une distance est nécessaire pour que se produise la conversation avec soi-même qu'est la pensée.., c'est dans cet écart que le diable va dansant, caracole et piaille, affole..,ici dans le livre l'on se dévoue pour le premier venu, l'on aime ses ennemis, l'on rend le bien pour le mal, délivré de la méchanceté et de l'envie, parfaitement généreux.., nul autre mode de communication ne permet ce total don de soi... L'homme ici est au-delà des besoins, au-delà du temps du travail et du temps des vacances du travail.., hors des fonctions et de l'utile.., allant au-devant de la vraie vie...
Il est vrai que le livre est une amitié. Et c'est parce qu'il est une amitié que j'ai tenu à vous lire cette belle page de Ghislain Sartoris, jeune auteur publié cette année par un jeune éditeur-artisan, Georges Monti.»