Carnet grec, suivi de Quatre chants delphiques
Notes de voyage et poèmes, avec un cahier de photographies.
104 p. 13 /19.1986. ISBN 2.86853.029.X. Réimp.

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L’art grec n’ignore pas la réalité, il n’est pas rhétorique de cour, gaze et expressions élevées. Il fait craquer les alexandrins. Il connaît le sang, le cri, l’odeur et le goût de l’oignon, le juron, le corps à corps, la terreur — le sexe.
Mais il sait aussi écouter les dieux, en deviner les traces, rêver autour d'une fontaine et y entendre de très vieilles et obscures voix. »



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Les villes grecques sont laides, bruyantes, poussièreuses, anarchiques : ainsi s'exprime le dynamisme de ce peuple. À part, comme des réserves séparées de la vie, les sites archéologiques et les paysages, d'une rudesse, d'une force qui ne sont pas celles de la France, plus mesurée. L'architecture est ici d'autant plus impressionnante qu'elle s'inscrit dans un paysage naturel lui-même plein de grandeur, lui-même préexistant au mythe, riche déjà par son impressionnante beauté, d'Histoires...
Les cartes postales et les caméras des visiteurs n'enregistrent et ne célèbrent bien sûr que les ruines antiques. Je me souviens de la photo d'un très ancien temple Shogun à Kyoto où le photographe n'était pas parvenu à l'isoler des HLM qui le cernaient. Notre monde moderne est fait de cette double réalité : des îlots de création ancienne — Dafni, le long de l'autoroute d'Eleusis — et cet environnement de réclames, de pompes à essence, de vieux pneus abandonnés que, sans misérabilisme, il faut intégrer à notre vision : le hors-champ a sa beauté aussi – au moins celle de l'évidence.»